Pourquoi la sélection du gérant est déterminante : la dispersion des performances
En Private Equity, contrairement aux marchés publics, la performance dépend massivement du gérant choisi. La dispersion des rendements entre le meilleur et le moins bon gérant est structurellement beaucoup plus élevée que dans toute autre classe d'actifs cotée(1)(6). Les données PitchBook illustrent cette réalité de façon saisissante : sur les millésimes 2005-2020, le TRI moyen du premier décile s'établit à 28,2 % par an, contre 2,0 % pour le dernier décile, soit un écart moyen de près de 26 points pour des fonds appartenant à la même classe d'actifs et aux mêmes millésimes(2)(6). Cette dispersion est structurellement stable dans le temps, indépendamment des conditions de marché(2)(7).
iCapital confirme cette observation sur les fonds buyout américains : les rendements nets par millésime présentent une dispersion systématique entre quartile supérieur et inférieur, avec un pic notable lors des périodes de retournement économique, où les meilleurs gérants creusent encore davantage l'écart(3)(6).
Investir en Private Equity sans sélectionner soigneusement son gérant, c'est donc s'exposer à l'ensemble de cette dispersion, avec une probabilité non négligeable de se retrouver en bas du tableau(6)(7).
Ce que les LPs évaluent en priorité
D'après l'enquête annuelle menée par Goldman Sachs Asset Management auprès de LPs institutionnels mondiaux (octobre 2025), les 3 critères les plus importants dans l'évaluation d'un gérant de marchés privés sont(4) :
Lorsque les LPs cherchent de nouvelles relations avec des gérants, le track-record/performance est le critère n°1 pour 80 % d'entre eux(4). Goldman Sachs AM anticipe une visibilité croissante des écarts de performance à mesure que les GPs commenceront à liquider leurs actifs(4).
Le niveau d'exigence s'est également durci. D'après le rapport Bain 2026, les LPs recherchent désormais des fonds dans le 1er quartile(6)(8) des millésimes récents, ciblant souvent un TRI net supérieur à 20 % en buyout, ainsi qu'un DPI consistant et top-quartile sur l'ensemble des fonds successifs(5)(6).
Les trois piliers d'évaluation d'un GP
Au-delà des indicateurs de performance, l'évaluation d'un gérant repose sur une grille d'analyse plus large. HarbourVest Partners la structure en trois piliers complémentaires, qui couvrent l'ensemble des dimensions pertinentes : l'organisation humaine, le processus d'investissement et l'alignement d'intérêts.

Schéma indicatif Archinvest
L'importance d'une thèse d'investissement claire
Ce qui différencie aujourd'hui les gérants qui lèvent facilement des capitaux de ceux qui peinent n'est pas tant leur positionnement généraliste ou spécialiste, mais la clarté et la robustesse de leur thèse d'investissement. D'après Bain, les LPs exigent désormais une stratégie "descriptible en une phrase et étayée par des données", c’est-à-dire un avantage reproductible et démontrable, qu'il repose sur une spécialisation sectorielle, une expertise opérationnelle, un accès propriétaire aux deals ou une combinaison de ces éléments(5).
Un fonds généraliste disposant d'un track-record solide, d'une discipline de sélection rigoureuse et d'une logique de construction de portefeuille cohérente répond pleinement à cette exigence. Ce que le marché sanctionne n'est pas le généralisme en soi, mais l'absence de lisibilité sur l'edge du gérant(5). Cette tendance est confirmée par Goldman Sachs AM : parmi les nouvelles relations initiées, les LPs se montrent plus sélectifs sur la capacité des gérants à articuler leur avantage compétitif, indépendamment de leur positionnement(4).
L'approche "core / satellite"
La sélection des gérants ne se fait pas en silo : elle s'inscrit dans une logique de construction de portefeuille à part entière. Une approche structurée consiste à distinguer deux niveaux complémentaires(4) :
Cette architecture est aujourd'hui adoptée par un nombre croissant d'investisseurs, quels que soient leur taille et leur profil. Elle répond à une réalité de marché documentée : les grands gérants établis captent une part croissante des capitaux disponibles, tandis que les gérants émergents ou mid-market font face à des cycles de levée plus longs(4). Structurer son exposition en deux niveaux permet de bénéficier de la solidité des uns et du potentiel de création de valeur des autres.
Sources :
(1) HarbourVest Partners, Private Equity 101, 2025
(2) PitchBook, Benchmarks Q3 2025 with preliminary Q4 2025 data, janvier 2026
(3) iCapital, Alternatives Decoded Q4 2025
(4) Goldman Sachs Asset Management, Market Know-How - Manager Relationships, octobre 2025
(5) Bain & Company, Global Private Equity Report 2026
Notes :
(6) Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Investir en Private Equity comporte des risques.
(7) Ce commentaire reflète l’opinion d’Archinvest à la date de rédaction
(8) En Private Equity, les quartiles permettent de classer les fonds selon leur performance historique par rapport à un ensemble de fonds comparables (date de lancement, taille, stratégie) retenus. Le premier quartile reflète le groupe (25% de l'ensemble) de fonds avec les performances les plus élevées.