La démocratisation des fonds de Private Equity

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7 octobre 2021
Un public qui requiert des ressources spécifiques

Source : Boursorama

Le private equity: qu’est-ce que c’est ?

Le private equity (capital investissement, en français) est une prise de participation dans le capital d’une société. Suivant la stratégie retenue, ce procédé permet de financer la création (capital innovation), le développement (capital développement), la cession (capital transmission) ou le redressement d’une entreprise (capital retournement). À cet effet, l’investisseur apporte des fonds propres.

Longtemps, l’accès au private equity (investissement dans les entreprises non cotées) s’est limité pour les particuliers, notamment les particuliers fortunés, aux FIP (Fonds d’Investissement de Proximité) ou dans des FCPI (Fonds Communs de Placement dans l’Innovation) dont la fiscalité est particulièrement attractive. Mais de plus en plus, cette classe d’actifs se démocratise et se retrouve au cœur des contrats d’assurance-vie ou d’épargne à très long terme. Portant sur des sociétés non cotées, cette opportunité de diversification du patrimoine met à l’abri les investisseurs des fluctuations du marché boursier.

FIP et FCPI, de la défiscalisation à une gestion active

Compte tenu des risques à investir dans les petites et moyennes entreprises (PME) et de leurs besoins en capitaux, les gouvernements successifs ont toujours cherché à inciter les particuliers à investir dans ces actifs via des incitations fiscales. Celles-ci ont longtemps essentiellement concerné les FIP et les FCPI.

La souscription de parts de FCPI ou de FIP donne en effet droit à une réduction au titre de l‘impôt sur le revenu (IR), à condition de s’engager à les conserver sur une période de cinq ans au minimum. La réduction s’élève alors à 25%, jusqu’au 31 décembre 2021 (prolongation pour 2022 en attente de l’accord de la Commission européenne), des sommes investies dans la limite de 12.000 euros pour chaque catégorie de produit (FIP et FCPI) pour une personne seule, la somme doublant pour un couple au sein d’un même foyer fiscal et ce, dans la limite du plafonnement global des niches fiscales d’un montant de 10.000 euros par an.

Les performances du private equity

Selon les niveaux de risque, les rendements du capital investissement ressortent entre 7% et 8% par an et jusqu’à 15%. Selon l’étude 2021 France Invest (association des investisseurs pour la croissance qui regroupe 7.000 professionnels et experts du capital investissement) et EY (organisation mondiale des sociétés membres d’Ernst & Young Global Limited), à fin 2020, la performance globale du capital investissement français, mesurée sur un horizon de quinze ans, est de 11,7% en moyenne par an, nette de frais et de carried interest (pourcentage des plus-values d’un fonds prélevé et revenant à l’équipe de gestion de ce dernier). Le capital innovation est en progression et affiche une performance de 13,6% sur les trois dernières années. Quant au capital développement ou capital transmission, les performances sur dix ans sont de 6,1% et de 13,4%.

Les apports de la loi Pacte

À une période où les rendements dans les fonds en euros baissaient, les compagnies d’assurances ont été contraintes de mettre à la disposition des particuliers de nouvelles classes d’actifs. Aussi, depuis le 1er janvier 2020 (date d’entrée en vigueur de la loi Pacte du 22 mai 2019), le champ des véhicules d’investissement éligibles à l’assurance-vie dans le cadre des unités de compte aux fonds professionnels de capital investissement ou encore aux fonds Eltifs ou Feilt (ces fonds européens à très long terme investis notamment dans des projets de capital investissement portant sur les infrastructures) a été ouvert.

Les plafonds d’encours des unités de compte éligibles à l’assurance-vie varient en fonction des compétences de l’investisseur et/ou du montant de la prime investie auparavant. Cette faculté a aussi été offerte aux investisseurs considérés comme professionnels ou avertis. De même, le nouveau Plan d’Épargne Retraite (PER) créé par la loi Pacte peut être investi dans des supports très divers comme le club deal ou le capital investissement. Une façon, là encore, de démocratiser ce type d’investissement.

Des instruments pour le long terme

Le capital investissement est particulièrement adapté à une gestion à long terme d’un patrimoine. En échange d’un rendement relativement élevé, ces investissements doivent être réalisés sur une longue période pour déployer leur potentiel, au minimum de cinq à dix ans selon la stratégie retenue.

Des investisseurs informés pour mesurer leur risque

La démocratisation du private equity et la possibilité ouverte à tout un chacun d’investir dans des entreprises non cotées constituent de réelles opportunités pour les épargnants. S’ils permettent de réduire sa volatilité globale du fait qu’il s’agit d’actifs non cotés sur un marché, les placements s’accompagnent toujours d’une prise de risque. L’investisseur doit prendre connaissance des dispositions contenues dans le DICI (Document d’Information Clé pour l’Investisseur) qui précisent notamment la durée de blocage des fonds, les conditions pour bénéficier des dispositifs fiscaux, ainsi qu’un avertissement sur les risques spécifiques justement liés à l’investissement dans les sociétés non cotées.

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